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Huîtres à la braise

  • Ingrédients

huîtres creuses

beurre

échalotes

persil

poivre blanc

macis (ou muscade)

poudre de piment d'Espelette

  • Recette

On utilise des huîtres creuses, bien charnues, que l'on commence par ouvrir, en introduisant la lame du côté gauche, de façon à couper directement le pied. Donner un tour de poignet pour soulever la coquille supérieure, coincer avec le doigt, et racler le haut de la coquille avec la lame pour décoller la chair qui s'y trouverait attachée. Désolidariser les deux coquilles, vider la première eau, et du bout du doigt, enlever les éventuels fragments de coquille.

 

 

 

Préparer un beurre avec de l'échalote hachée, du persil haché, une pincée de macis (ou un peu de noix de muscade râpée), du poivre blanc moulu et une pointe de piment d'Espelette. Attention à ne pas trop charger ce beurre en goût, ce serait au détriment de celui des huîtres.

 

Disposer une belle noisette de ce beurre dans chaque huître, puis mettre à cuire sur une grille au dessus de braises assez vives, et laisser cuire selon que l'on préfère le beurre juste fondu, bouillonnant ou avec déjà pas mal de coloration au fond de la coquille.

 

 

  • Nouvelles tendances pour les huîtres

A l'époque où les huîtres n'étaient pas pré-ouvertes et emballées sous vide, la querelle faisait rage entre ceux qui préconisaient la méthode forte, par l'acier et le feu, la lame de couteau, le four ou la flamme d'une bougie comme je l’ai lu avec effroi.. Du coup, les huîtres se sont organisées et ont appris à se défendre, leurs bords sont devenus aussi tortueux et coupants que la lame d'un mixer, ce qui obligea l'homme à se munir d'engins de plus en plus perfectionnés, lancettes, tenailles et autres carcans. Ce fut une véritable course à l'armement, et plus d'un brave y laissa quelques tendons...

 

Puis un beau jour enfin, une Directive européenne vint fort à propos mettre fin aux pratiques cruelles sur les animaux. Il est désormais interdit sur le sol, dans les caves et les ascenseurs des pays de l'Union d'élever des veaux sous la mère ou sous la mer, de gaver les oies, canards et cormorans, de mettre les crabes vivants dans l'eau bouillante, de faire boire de l’eau aux bretons et d'ouvrir en force les coquillages vivants.

 

On a donc récemment dû faire d'énormes progrès technologiques sur les huîtres. Le couteau ne sert plus qu'à enlever la couche de plastique qui enveloppe à présent chaque coquillage, pré-ouvert en Chine (pour des raisons de coûts compréhensibles), emballé sous vide dans sa coquille et ré-exporté aux quatre coins du monde.

 

Opportunistes et malins comme des bretons, les ostréiculteurs on saisi cette opportunité pour réaliser d'énormes progrès de diversification de saveurs : on peut désormais choisir son parfum, nature, citron, échalote, mayonnaise, cola ou fraise de Plougastel, hors-sol comme il se doit.

 

L’œil y trouve aussi son compte, et cet été sur les plateaux de fruits de mer, tout le monde réclamera l'huître bleue au curaçao, au parfum de soleil et d'orangeraie qui donne la délicieuse impression de manger des coquillages dans la douceur d'une oasis saharienne du désert de gobie.

 

Grand progrès diététique également pour les personnes soumises à un régime sans sel, elles peuvent désormais trouver dans la gamme des huîtres trempées 48 heures dans une eau douce fréquemment renouvelée, avant d'être recoquillées. Et pour ceux qui n'apprécient pas les huîtres, on peut mettre tout autre chose dans la coquille : finie la honte de se singulariser à une table d'amateurs, on a enfin l'impression rassurante d'être comme tout le monde.

 

Au delà de ces avancées sur les goûts et les couleurs, on trouve également de très jolies innovations qui ont permis aux éleveurs d'étoffer leur offre-produits :

 

- l'huître farce, dans laquelle on va trouver du surimi ou de la poudre à éternuer,

- l'huître cadeau, avec une perle ou un bon d'achat à l'intérieur,

- l'huître atelier, dans laquelle on trouve un petit tube de colle qui va permettre de coller sous la coquille du dessous la coquille du dessus, réalisant ainsi un cendrier en matière naturelle terriblement hype,

- l'huître gobelet, contenant du vin blanc ou de l'eau minérale, présentée en même temps qu'une huître contenant encore son animal,

- l'huître vide, un produit de niche destiné aux enfants pour leur éviter d'aller ramasser des coquillages sur les plages pleines de mazout et de tessons de verre,

- l'huître loto, contenant un numéro à placer sur un carton qui sert en même temps d'assiette,

- sans oublier l'huître musicale, qui à l'instar d'une carte d'anniversaire, se met à jouer la mer le long des golfes clairs lorsqu'on l'entrebâille.

 

Mélangeant tradition et innovation, nos imaginatifs ostréiculteurs ont mis au point l'huître de Noël, surfant sur le fait que c'est à cette époque de l'année qu'on en consomme le plus. Ainsi, l'huître est munie d'un petit crochet, et le film plastique qui la maintient sous vide est vivement coloré. Quelle maîtresse de maison ne rêverait pas, au moment de passer à la table du réveillon, d'inviter ses convives à aller directement cueillir leurs huîtres sur le sapin?

 

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