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Pigeonneaux,
sel, poivre blanc des oiseaux, poivre du Setchuan, quatre épices,
cannelle en poudre, beurre, huile, un oignon, Cognac, Maury (Porto à défaut),
Tabasco, laurier, sauge, romarin, un citron, crème fraîche, cacao en
poudre non sucré.
Préparer
les pigeonneaux en les ouvrant en crapaudine et en conservant tous les
abats et abattis. Les frotter des deux côté avec sel, poivres, quatre
épices, cannelle, muscade. Réserver au moins deux heures avant
cuisson.
Mettre
l'oignon grossièrement haché et les abattis à dorer au fond d'une
petite cocotte dans un mélange de beurre et d'huile, puis les flamber
au cognac. Couvrir d'eau (environ 5 cm au dessus), et ajouter un trait
de Tabasco, laurier, sauge, cannelle en poudre, un trait de Maury, sel
et poivre, puis faire réduire à feu moyen pendant une bonne
demi-heure. Filtrer alors dans un bol, il doit en rester environ un bon
verre à vin blanc. Mettre dedans le zeste du citron en fine julienne et
réserver.
Huiler
les pigeonneaux, les placer sur une braise pas trop agressive, et les
cuire saignant.
Quelques
instant avant de servir, mettre le jus réduit aux zestes à chauffer,
ajouter une cuiller à soupe rase de cacao en poudre, un trait de Maury,
faire épaissir un peu, puis adoucir avec un peu de crème fraîche si nécessaire.
Les
pigeonneaux sont mangés en trempant sans excès les morceaux dans cette
sauce au cacao. on peut mettre des haricots rouges revenus au beurre et
au vinaigre en garniture, et dans les verres un joli Lalande-Pomerol
(mais on doit pouvoir faire mieux, un Cahors ou un Bergerac par exemple,
voire un Cornas).
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Le
pigeon de ville et le pigeon des champs
Monsieur La Fontaine avait ouvert la comparaison
avec les deux rats et leurs reliefs d’Ortolans sur un tapis de Turquie,
dérangés par un bruit en pleines agapes ; s’enfuit lors sans
finir le campagnard, faisant " fi du plaisir que la crainte peut
corrompre "
N’ayant pour ma part jamais mis rat en broche,
je me suis donc intéressé aux pigeons, et force est de constater que
rien ne saurait aujourd’hui déranger le pigeon urbain d’ingurgiter
obstinément le tombereau de pain moisi déversé sur le trottoir par une
qui aurait raté la dernière canicule.
Le pigeon des champs est par contre un éternel
stressé, la problématique de la plupart des campagnards n’étant pas
de le nourrir mais de le manger, de préférence en l’état pré-pubère
de pigeonneau, c’est à dire juste avant qu’il ne quitte le nid. C’est
le défaut d’être comestible, ce qui n’est sûrement pas le cas des
pigeons de ville.
(Notez qu’entre ville et campagne, circule un
genre de VRP bagué : Prudence, ne tentez pas de vous envoyer un pigeon
voyageur, çà pourrait vous mener loin, vous n’en reviendrez pas).
Le pigeon de campagne est donc contraint d’installer
son nid dans les endroits les plus inaccessibles, mais allez donc
convaincre une mère pigeon des villes de ne plus faire son nid dans les
géraniums du balcon. Même dans les cités où les rues sont bordées d’arbres,
ces derniers ne servent pas de lieu de nidification, mais de mirador. Ce n’est
pas un passage de palombe qu’ils guettent, mais le passant rampant qu’ils
tentent de conchier.
A défaut de rue passante, ce sont les voitures
qu’ils prennent plaisir à maquiller en tenue camouflée, ce qui donne
alors l’impression de se mettre au volant d’un véhicule de fonction d’un
parti d’extrême droite… |