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une
côte de bœuf
huile
d'arachide
quatre
os à moelle
bouillon
de bœuf
poivre
noir concassé
gros
sel
Choisir
une belle côte de bœuf, bien rassise, un peu persillée, légèrement
grasse, mais sans excès. Éviter la graisse très jaune. Ne pas la
ficeler, ni la barder.
Faire
chauffer du bouillon de bœuf, soit un reste de pot-au-feu ou de bœuf
à la ficelle, soit une préparation instantanée du commerce. La moelle
doit y cuire au moins 30 minutes. Réserver au chaud ensuite.
Huiler
la côte et la placer sur des braises très chaudes, afin de saisir la
viande. Laisser à feu vif 20 secondes et retourner aussitôt. Au bout
du même délai, retourner à nouveau, et éloigner un peu du feu, pour
une cuisson à feu moyen-fort. Ne pas piquer la pièce en la retournant,
ni même en la plaçant sur le gril, sinon elle se videra de son jus.
Dès
que du sang commence à affleurer la surface de la viande, retourner la
côte, et attendre que le même phénomène se produise, signe de
cuisson parfaite, encore saignante. Une fois la cuisson achevée,
enfermer la pièce dans une feuille d'aluminium, et la tenir au chaud
une dizaine de minutes afin de la détendre. Utiliser un four, ou le
barbecue, grille haute.
Présenter
à table sur une planche à découper, et distribuer un os à moelle par
convive, dans des assiettes bien chaudes. Chacun couvrira alors sa
portion de viande avec la moelle, et assaisonnera à son goût avec le
gros sel et le poivre.
Avec
la côte de bœuf, l'heure est aux colosses de la Bourgogne. On se
régalera avec les crus des Hautes Côtes de Nuits et de Beaune. On ne
regrettera pas non plus un Bourgogne générique, ou les vins moins
connus des Côtes châlonnaises. Si d'aventure, la viande est servie
avec une fricassée de cèpes et de pommes de terre à l'ail, il faudra
se tourner plutôt vers un Listrac ou un Moulis, voire un Cahors. |
Les
gars, nous sommes des débutants comparé à nos ancêtres vêtus de
fourrures (les célèbres hommes d'Oslo) Ces types avaient des os
grands commak, qu'ils tiraient des mégalosaures.
On
a l'air malin après, avec nos jambes de bœufs, à raconter l'histoire
de l'homme, qui a vu l'homme, qui a vu l'homme, etc..., qui a vu
l'homme, qui a vu l'homme, qui a vu l'os, et qui n'a pas eu peur.
De
plus, l'os servait carrément à tout en cette époque épique et
squelettique. On en faisait des aiguilles, des sarbacanes, des pailles,
des tuyaux, des bijoux et des lunettes. Les primitifs n'avaient pas de
bas de laine, mais des sacs d'os qu'ils confiaient aux plus maigres
d'entre eux.
Le
dernier os précieux qui nous reste, à une époque tout entière vouée
aux matières plastiques, en dehors de l'os court, c'est bien entendu
l'os à moelle. Il suffit de se rendre chez le boucher pour s'en rendre
compte.
Très
aimablement, il va vous couper une côte de boeuf trois fois plus grosse
que celle que vous avez demandée, puis vous la peser recouverte d'un
monceau de graisse. Après, il va la débarrasser de ce gras superflu,
puis rogner les os qui dépassent, et avant même de vous avoir donné
votre viande, il aura jeté dans sa poubelle le tiers de ce que vous
allez payer, sans vous laisser la satisfaction de le faire vous-même.
Puis,
d'une voix très timide, vous allez demander s'il ne lui resterait pas
quelques os à moelle. Malheureux, qu'avez-vous dit là ? Vous l'avez
fâché pour une partie de la journée. Il va disparaître dans son
arrière-boutique, et reviendra avec un paquet informe, qu'il ajoutera
à la côte sans mot dire, sauf, s'il est anormalement aimable, qu'il
vous a donné tout ce lui restait.
Arrivé
dans votre cuisine, vous constaterez qu'il vous à donné très peu de
moelle en comparaison du volume d'os. Vous irez alors au supermarché
qui vend séparément des os à moelle que vous pouvez choisir. |