Au
commencement, la caille était un échassier des régions polaires.
Cette origine glacière fait qu'aujourd'hui encore, on dit souvent
"qu'on se les caille" pour indiquer que le fond de l'air est
frais.
Les
esquimaux chassaient les cailles pour les plumes, car c'était le seul
animal polaire à partir duquel ont pouvait fabriquer des oreillers ne
sentant pas l'écaille de poisson ou l'huile de phoque. Ils
appréciaient également le nourrissant breuvage qu'elles produisaient,
le lait caillé. Les écoliers utilisaient la peau pour écrire, nommée
"caillé de classe."
Après
de nombreux siècles de sélection, les Inuits parvinrent à réduire la
caille à la taille que nous lui connaissons aujourd'hui, d'abord pour
qu'elle courre moins vite, et pour que ses plumes soient plus riches en
duvet. Du coup, ils devinrent analphabètes, ne parvenant pas à
réduire leur écriture.
Un
jour de débâcle, un troupeau de cailles, qui était regroupé pour la
tonte sur la banquise, sentit sous lui la glace se rompre et une colonie
de ces échassiers nanifiés partit à la dérive sur un iceberg.
Un
vieil écossais des Highlands, attendait justement sur la plage, qu'un
iceberg voulut bien s'échouer, afin d'agrémenter d'un glaçon le verre
de single malt dont il ne se séparait jamais. Quelle ne fut pas sa
surprise de voir atterrir les petites cailles, qui vite
s'éparpillèrent, et firent souche.
Toutes
les collines de Calédonie furent bientôt parsemées de petits trous
ronds, qui étaient les abris des cailles. Un jeu très populaire chez
les gardiens de troupeaux fut d'expédier des petits cailloux ronds dans
ces trous, à l'aide de leurs bâtons de bergers. C'est ainsi que naquit
le golf, à ne pas confondre avec le cache-caille, qui est un jeu
portugais.
Puis
la caille se dissémina dans toute l'Europe, où on commença à la
chasser pour sa chair et ses oeufs. On se mit à l'élever comme un
poulet, non pas en batteries, mais en caillebotis, sortes de caisses à
trous.