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Brochettes de canard

aux raisins et aux poires

  • Ingrédients

deux beaux magrets de canard

raisin blanc à gros grains genre "Italia"

poires peu mûres (Comice, Crassanne, Guyot...)

porto ou jerez sec

ail

romarin

huile de noix

huile neutre

poivre blanc

muscade

  • Recette

Dégraisser les magrets, en laissant toutefois une très fine couche de graisse, épaisse d'un mm au maximum. Couper cette viande en cubes d'environ 1,5 cm X 1,5 cm.

 

Les mettre à mariner pendant une bonne heure avec deux cuillers à soupe de porto, une d'huile de noix, et une d'huile au goût neutre. Ajouter également deux gousses d'ail, un peu de muscade râpée et de poivre blanc.

 

Pendant ce temps, égrapper le raisin, et éplucher les poires qui seront détaillées en cubes de taille identique aux morceaux de canard. Passer un peu d'huile de noix sur les poires pour en protéger la chair de l'action de l'air.

 

Enfiler les brochettes en alternant viande et fruits. Faire cuire à feu modéré. Au milieu de la cuisson répartir quelques aiguilles de romarin sur les brochettes

 

Une très bonne idée est le Saint-émilion, qui s'allie particulièrement bien avec les saveurs de fruits tels que les poires. Ou alors choisir de moins prestigieux, comme le Buzet, le Madiran, le Cahors, le Pécharment... La plupart des vins primeurs ont un franc goût de fruits, où toutefois domine souvent la banane.

  • La chasse au canard

L'ancêtre préhistorique du canard est le canardosaure. Il vivait dans les marécages, où il s'ébattait heureux en compagnie des héronosaures, des perdreausaures, des pouldeausaures et des coquindesaures.

 

Le chasseur primitif n'avait donc qu'à s'approcher doucement, habilement dissimulé par les nénupharosaures, et à décocher sa flèche ou sa sagaie dans le tas pour atteindre un gibier. La densité des troupeaux ne permettait pas toujours de savoir à l'avance quel animal serait abattu, et on prit l'habitude de dire que l'on "tirait au saure", expression qui reste toujours d'actualité quand il s'agit de frapper au hasard.

 

Ensuite, le canard ayant fait sa mutation, jusqu'à l'aspect débonnaire que nous lui connaissons aujourd'hui, l'habitude de le chasser s'est conservée, à un point que le verbe "canarder" est devenu un symbole de "tirer sur tout ce qui bouge". Le canard devait donc rapidement disparaître de la surface du monde, sans la crétinerie congénitale des chasseurs du Dimanche qui a bien limité les dégâts.

 

D'abord, ils utilisent des pièges grossiers. Malhabilement dissimulés dans des guérites branlantes, ils font flotter des canards en bois, et soufflent dans des appeaux, censés reproduire le cri rauque de la cane en rut. C'est pitoyable, on dirait des fêtards de bas étage en goguette au Crazy Horse. L'expression "faire un canard", en musique, date de ces appeaux.

 

Comme il fait froid dans les affûts, ils picolent et les goulots succèdent aux appeaux entre leurs lèvres violettes. Ils sont souvent habillés de tenues camouflées ramenées du régiment où ils ont appris à canarder, ou achetées aux puces. Ils ont des chiens grognons et poitrinaires, à force de vouloir leur apprendre à nager dans l'eau trouble et glacée des étangs.

 

Les seuls canards qui se laissent prendre à cet arsenal grotesque et désuet sont des animaux malades ou dépressifs auxquels la vie paraît bien amère. Ou alors de vilains petits canards, desquels on se moque tout le temps.

 
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