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L'oignon
à travers les âges
Pendant
la préhistoire, nos ancêtres, les célèbres hommes de Cromoignon,
vouaient un véritable culte à ce bulbe. Il s'agissait toutefois
d'oignons de tulipes dont les qualités gastronomiques restent à
démonter. Il parait que c'est délicieux pour farcir les naseaux de
brontosaures.
Très
longtemps, l'oignon fut considéré comme le roi des légumes, bulbe
noble que chacun entretenait avec un soin jaloux, à ce point que si
quelqu'un se risquait sur la plate-bande d'oignons de son voisin, ce
dernier l'accueillait d'un ferme et définitif "C'est pas tes
oignons!".
Henri-Troisième
lui-même, expert en oignons de toutes sortes, détestait néanmoins que
l'on se mêla des siens, et il saisit ce prétexte pour promouvoir la
course à l'échalote et le gigot à l'ail.
L'époque
romantique fut à nouveau une belle époque pour l'oignon. Il était en
effet de bon ton à cette époque d'avoir le teint pâle et l'œil
larmoyant. L'oignon était ainsi un précieux auxiliaire de la beauté.
Il était utilisé également comme fortifiant, et il nous en est resté
un célèbre slogan publicitaire : "L'oignon fait la force".
C'est
aussi à cette époque qu'un facétieux lanceur de tartes à la crème
remplaça la crème par des oignons pour corser la farce. Les oignons
sont également un synonyme de grande attention, puisque préparer
quelque choses aux petits oignons signifie une grande qualité de
réalisation.
L'oignon
aujourd'hui est le compagnon inséparable des noctambules, qui les
mangent en soupe. Il sert également à prévoir les rigueurs ou la
clémence de l'hiver, en s'enveloppant de beaucoup ou peu de couches de
peau. C'est pour cette raison que l'on dit souvent que les
présentateurs de la météo en tiennent une sacrée couche.