|
deux
belles langoustes
un
bouquet de persil
paprika
fort
150
grammes de beurre
un
verre de whisky
Hacher
très finement l'équivalent d'une poignée de feuilles de persil, et le
mélanger à 150 grammes de beurre. Ajouter une cuiller à café de
paprika fort.
Choisir
de belles langoustes, en évitant soigneusement celles de Cuba, à la
chair cotonneuse et surtout au goût insipide. Les couper en deux, et
enduire copieusement tout l'intérieur du beurre au persil. Laisser
reposer au frais pendant deux heures environ.
Les
placer sur une braise assez vive, carapace en dessous. Laisser cuire
ainsi environ cinq minutes. Retourner ensuite la chair face au feu, et
laisser de trois à cinq minutes, et retourner à nouveau. Disposer dans
un plat dès que le flambage est possible.
Pendant
ce temps, mettre à chauffer dans une petite casserole le whisky. Dès
que les langoustes sont placées dans le plat de service, flamber
immédiatement.
Autant
être très clair, boire du whisky serait une idée déplorable. Ce plat
est bon, mais il n'est pas très subtil (je ne suis pas un fou de la
langouste). C'est le moment d'innover avec par exemple un "vinho
verde" du Portugal, servi frais, qui satisfera les plus difficiles,
ainsi que ceux qui auront choisi un paprika très fort. |
Le
persil pousse dans les potagers. A l'origine, c'était une plante
arbustive, proche du baobab, et seule une sélection impitoyable, dans
les jardins de Persépolis (berceau également du serpolet), a permis
d'obtenir l'aromatique végétal, frisé ou plat, que les ménagères
connaissent bien.
Cette
affection a continué pendant l'époque gauloise. En effet, pour marquer
son mépris à l'occupant romain au front ceint de lauriers, il était
du dernier chic de se mettre des brins de persil dans le nez ou les
oreilles en criant : "Si tu ne veux pas de mon bouquet garni, je le
remets dans mes braies".
C'est
ainsi que notre fier peuple s'appropria cette épice perse, qui devint
le symbole de la résistance à l'oppression, et dont le jus servait
désormais au baptême des jeunes enfants..
La
rupture d'une grande tradition faillit être fatale au persil lors de la
naissance du roi Henri Quatrième. En effet on lui frotta les lèvres
avec une gousse d'ail au lieu de jus de persil, comme l'habitude s' en
était prise depuis les gaulois. Ce fut Louis Treizième qui rétablit
l'usage du persil, mais conserva l'ail en souvenir de son père.
Ces
contacts aromatiques faisaient saliver et baver le nourrisson qui en
était l'objet. C'est comme cela que vint l'idée d'accommoder les
escargots avec de l'ail et du persil. Concernant les cuisses de
grenouilles et les champignons, la tradition est plus floue, mais semble
remonter à l'époque où on se le remettait dans les braies.
Le
persil est bien moins utilisé pour ces usages solennels de nos jours,
et on le hache systématiquement aux seules fins culinaires. Nous
demandons donc à nos fidèles féaux de réhabiliter le bouquet de
persil, voire le bouquet garni, symbole de notre indépendance
nationale. La prochaine fois que vous irez en visite, apportez donc un
bouquet garni à la maîtresse de maison. Elle vous en sera plus
reconnaissante que d'un bouquet de fleurs qui ne dure que quelques
heures, et n'est que rarement comestible ! |