|
deux
homards de 450 grammes environ
deux
cent grammes de beurre
persil
plat
ciboulette
estragon
cresson
paillettes
d'algues (ulve ou nori)
poivre
blanc
un
cageot de bois à bords hauts
une
grille de barbecue ou de four
un
sac de goémon noir bien sec
une
poche à douille à embout fin
Hacher
et broyer très finement une demie poignée de persil, une petite
poignée de cresson, et une peu d'estragon. Ne pas mettre les tiges des
herbes. Mélanger avec le beurre. Ajouter du poivre blanc et une cuiller
à soupe de paillettes d'algues séchées (facultatif), et réserver
dans un endroit tiède, le beurre devant être très mou.
Tuer
les homards en enfonçant une lame pointue au sommet de la tête, entre
les deux yeux. Percer trois orifices dans la carapace, sur la partie
supérieure : l'un au milieu de la tête, l'un à la jonction de la
queue et de la tête, l'autre sur la queue.
Mettre
le beurre aux herbes dans la poche à douille, et par les orifices
percés dans les homards, introduire le beurre entre chair et carapace,
jusqu'à saturation. L'opération est plus facile, si pour le tuer, le
homard a été mis trois minutes dans de l'eau bouillante salée, mais
la consistance de la chair n'est plus la même.
Mettre
quelques morceaux de journal froissés au fond du cageot, et remplir à
moitié de varech noir (fucus) bien sec et un peu tassé. Placer une
grille de cuisson par dessus, sur laquelle sont disposés les homards.
Recouvrir généreusement de goémon peu tassé, sans hésiter à former
un dôme dépassant largement le haut du cageot. Mettre le feu par le
dessous, en plusieurs points.
Une
fois le goémon et le cageot entièrement consumés, les homards sont
censés être cuits à point. Si le degré de cuisson parait
insuffisant, recommencer rapidement une cuisson. Éviter alors de trop
manipuler les homards afin de ne pas perdre le beurre fondu qu'ils
contiennent.
Ce
homard-ci sera en bonne compagnie avec un Chablis, qui fera
particulièrement bien chanter le beurre aux herbes. On obtiendra
quelque chose de très correct avec un Bourgogne aligoté, et
différents Bourgogne blancs (Puligny, Mâcon...)
|
Le
goémon pousse dans la mer où il forme de joli bosquets, bien utiles
pour se dissimuler habilement des requins. Le goémon pond des oeufs,
qui partent à la dérive pour nourrir les équipages des sous-marins
atomiques. (NDR : "Plancton des choux-marins à la mode de chez
nous").
Quand
le petit oeuf de goémon n'est pas dévoré, il trouve un port
d'attache, et souvent, il se débrouille pour embêter l'homme : Il
choisit en effet fréquemment pour villégiature les coques des bateaux,
les piliers des ponts, et les coquilles des huîtres, d'où il faut
ensuite l'en arracher à grand peine.
Le
principal prédateur du goémon est le bigorneau. C'est dire que le
goémon peut dormir tranquille, compte tenu du fait que ce gastéropode marin
est très lent, et qu'il a un prédateur puissant, l'homme, qui ensuite
ne viendra pas se plaindre des dégâts commis par les goémons sur ses
structures immergées.
L'examen
du goémon au microscope est très instructif. D'abord, on voit du
marron. En réglant à un plus fort grossissement, on voit du marron,
plus clair. Ensuite, on voit du vert. Poussé au grossissement maximum,
on ne sait plus alors ce que c'est. Mais c'est très gai.
Le
goémon est toutefois utile à l'homme qui s'en sert pour élaborer des
préparations cosmétiques : Par exemple, la gomina ne peut longtemps
cacher sous un substantif italien son origine sous-marine.
Le
goémon est également utilisé comme engrais pour faire pousser les
choux-fleurs et les artichauts. C'est une façon simplement plus propre
d'utiliser le guano, déjections d'oiseaux marins, qui constituent la
principale nourriture du goémon sauvage.
Autre
curiosité de ce sympathique végétal, l'outil qui sert à le récolter
depuis un bateau s'appelle un scoubidou. C'est ce qui explique que les
plages de nudistes sont souvent dépourvues d'algues qui incommoderaient
les nageurs, et permettraient aux voyeurs de se dissimuler habilement. |